Notre collectif est né du Festival Do It Yourself – Selbst Gemacht organisé en octobre 2011 à la Semencerie. Il regroupe des associations et des personnes, unies dans la recherche d’un lieu pour  développer des ateliers et activités artistiques ou artisanales.
Début 2012, un nouveau local a été proposé par la Mairie à l’imprimerie Papier Gâchette (qui fait partie du collectif) : l’ancien centre de tri postal de Schiltigheim, qui présente plus de 28000 m2 de locaux pour l’instant vides. Une demande a été alors formulée à la Ville par l’ensemble du collectif afin de pouvoir intégrer tous ensemble ce bâtiment (sachant que nous ne demandons que 1500 m2 !). Ce à quoi il nous a été répondu par  un courrier quelque peu expéditif qu’il n’en serait pas question. La Ville ne propose ce bâtiment à Papier Gâchette que parce que cette association est actuellement hébergée par un squat que la Ville veut expulser, alors que les associations ayant demandé des locaux à la mairie sans résultat sont légions ! Qu’importe, pourvu de sauver les apparences…

Où en sommes-nous ?

Dimanche 15 avril, au 5 rue du Chêne, Cronenbourg. Toute l’après-midi durant, le collectif du Centre de Tri a joyeusement pris possession de locaux appartenant à la ville de Strasbourg, en investissant de manière symbolique et artistique les abords du bâtiment. Cette manifestation, qui proposait aux personnes venues les soutenir de visiter fictivement les ateliers des membres du collectif, était l’occasion pour eux de prendre la parole. De quoi s’agit-il précisément ?

Depuis près d’un an, le collectif du Centre de Tri, composé d’artistes et d’artisans, d’amateurs et de professionnels dans les domaines aussi variés que la vidéo, la musique, l’édition, la danse, l’action sociale et l’artisanat, se mobilise pour envisager le relogement de l’imprimerie Papier Gâchette. Installée depuis l’année 2009 dans un bâtiment laissé à l’abandon par la ville au 2 route des Romains, l’association est en effet expulsable à compter du 16 avril 2012. Un dialogue a été engagé à ce sujet là avec Mr Bies, vice-président à la CUS en charge du logement.

Pourtant, dans un contexte de pénurie de locaux pour activités artistiques, la demande du collectif portant sur l’accès à un espace où installer leurs ateliers n’a tout simplement pas été prise en compte. Tandis que la ville présage d’un possible relogement de Papier Gâchette dans cet ancien centre de tri postal, où ce sont près de 28 000 m2 qui sont aujourd’hui vacants, elle refuse tout dialogue quant au projet collectif porté par cette même association, de concert avec de nombreux autres artistes.

« Il faut recréer du lien social » ; « Réhabilitons notre patrimoine industriel au bénéfice de la culture » ; « Nous reconnaissons le travail des associations et nous les soutenons » … À l’heure des phrases accrocheuses où la ville semble vouloir faire tant pour ses habitants, on peut se poser la question de la réalité effective de ces belles volontés. Les rendez-vous au travers desquels la ville de Strasbourg affirme écouter ses citoyens et soutenir les associations et leur bénévoles, certes, ne manquent pas : Assises de la Culture en 2009, Carrefour des solidarités en 2010 … S’il s’agit là d’encourager les échanges autour de thèmes tels que l’éducation populaire, la réappropriation de l’espace public, ou encore le développement culturel et artistique, qu’en est-il lorsqu’il s’agit de soutenir concrètement ce type d’initiatives ?

Aujourd’hui, le collectif du Centre de tri a pourtant bien la volonté de mettre en œuvre ce que le jargon institutionnel s’efforce de promouvoir : réinvestir l’ancien centre de tri postal de Cronenbourg afin d’offrir un espace de travail et de rencontre autour de pratiques artistiques et artisanales, dans l’idée de favoriser un développement culturel alternatif. C’est le sens que le collectif souhaite donner à ce bâtiment en friche grâce à l’énergie d’acteurs associatifs animés par la volonté d’échanger à travers leurs activités. Pour cela, ce sont divers projets et ateliers qui sont portés par les membres du collectif :

  • Une maison d’édition associative et d’imprimerie artisanale, développée par l’association Papier Gâchette qui organise depuis 2009 des interventions et animations en typographie, sérigraphie et gravure.

  • Un projet de garage associatif, où il s’agit de permettre à chacun d’apprendre à réparer son véhicule, et ce dans l’optique de favoriser un apprentissage solidaire et à moindre coût accessible à tous.

  • Une association de soutien au développement, à la création et à la diffusion du domaine de l’informatique libre.

  • Des locaux de répétition, un studio d’enregistrement et un laboratoire photographique, car les espaces dédiés à ces activités sont loin d’être en adéquation avec les envies créatrices des porteurs de projets et des artistes.

  • Un atelier vidéo, constitué d’un poste de montage et d’un studio de prise de vue, dédié à la réalisation de projets audiovisuels indépendants.

  • Un espace consacré aux arts vivants, afin de favoriser les pratiques d’expérimentation autour de la danse, du théâtre, et ce dans l’optique de créer des opportunités d’échanges entre amateurs.

  • Un projet d’atelier de redynamisation par les pratiques artistiques, car aujourd’hui l’insertion n’est plus une réponse pour des personnes stigmatisées par la fracture sociale.

Le constat d’un manque de lieux dédiés à ces pratiques est établi depuis longtemps. Tandis que les sites hébergeant de nombreux ateliers d’artistes (parc Gruber, Port du Rhin, Ancienne Malterie, Zone d’art, Laiterie, La Semencerie, Bastion) sont loin de pouvoir accueillir la totalité des artistes que la ville s’enorgueillit de créer par le biais de ses filières de formation artistique, des lieux comme le Molodoï ou la Maison Mimir, offrant un espace d’expression non négligeable dans le domaine de la culture, affichent en parallèle une saturation qui ne leur permet pas de répondre à toutes les demandes émanant de la population strasbourgeoise.

Le projet de réhabilitation des friches portuaires de la presqu’île Malraux montre pourtant que la ville de Strasbourg se trouve préoccupée par le devenir de son patrimoine industriel. Si elle n’hésite donc pas à amorcer des chantiers de grande envergure pour faire de Strasbourg une ville à rayonnement international, quelle place accorde-t-elle en revanche aux initiatives de ses propres citoyens, qui ne demandent qu’à pouvoir mettre en œuvre des projets pour le moins essentiels à la vie de la cité ? C’est la question que nous lui posons …

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