COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF

Le collectif du Centre de tri : où en sommes-nous ?

Dimanche 15 avril, au 5 rue du Chêne, Cronenbourg. Toute l’après-midi durant, le collectif
du Centre de Tri a joyeusement pris possession de locaux appartenant à la ville de Strasbourg, en
investissant de manière symbolique et artistique les abords du bâtiment. Cette manifestation, qui
proposait aux personnes venues les soutenir de visiter fictivement les ateliers des membres du
collectif, était l’occasion pour eux de prendre la parole. De quoi s’agit-il précisément ?
Depuis près d’un an, le collectif du Centre de Tri, composé d’artistes et d’artisans, d’amateurs et de
professionnels dans les domaines aussi variés que la vidéo, la musique, l’édition, la danse, l’action
sociale et l’artisanat, se mobilise pour envisager le relogement de l’imprimerie Papier Gâchette.
Installée depuis l’année 2009 dans un bâtiment laissé à l’abandon par la ville au 2 route des
Romains, l’association est en effet expulsable à compter du 16 avril 2012. Un dialogue a été engagé
à ce sujet là avec Mr Bies, vice-président à la CUS en charge du logement.
Pourtant, dans un contexte de pénurie de locaux pour activités artistiques, la demande du collectif
portant sur l’accès à un espace où installer leurs ateliers n’a tout simplement pas été prise en compte.
Tandis que la ville présage d’un possible relogement de Papier Gâchette dans cet ancien centre de tri
postal, où ce sont près de 28 000 m2 qui sont aujourd’hui vacants, elle refuse tout dialogue quant au
projet collectif porté par cette même association, de concert avec de nombreux autres artistes.
« Il faut recréer du lien social » ; « Réhabilitons notre patrimoine industriel au bénéfice de la
culture » ; « Nous reconnaissons le travail des associations et nous les soutenons » … À l’heure des
phrases accrocheuses où la ville semble vouloir faire tant pour ses habitants, on peut se poser la
question de la réalité effective de ces belles volontés. Les rendez-vous au travers desquels la ville de
Strasbourg affirme écouter ses citoyens et soutenir les associations et leur bénévoles, certes, ne
manquent pas : Assises de la Culture en 2009, Carrefour des solidarités en 2010 … S’il s’agit là
d’encourager les échanges autour de thèmes tels que l’éducation populaire, la réappropriation de
l’espace public, ou encore le développement culturel et artistique, qu’en est-il lorsqu’il s’agit de
soutenir concrètement ce type d’initiatives ?
Aujourd’hui, le collectif du Centre de tri a pourtant bien la volonté de mettre en oeuvre ce que le
jargon institutionnel s’efforce de promouvoir : réinvestir l’ancien centre de tri postal de Cronenbourg
afin d’offrir un espace de travail et de rencontre autour de pratiques artistiques et artisanales, dans
l’idée de favoriser un développement culturel alternatif. C’est le sens que le collectif souhaite donner
à ce bâtiment en friche grâce à l’énergie d’acteurs associatifs animés par la volonté d’échanger à
travers leurs activités. Pour cela, ce sont divers projets et ateliers qui sont portés par les membres du
collectif :
• Une maison d’édition associative et d’imprimerie artisanale, développée par l’association
Papier Gâchette qui organise depuis 2009 des interventions et animations en typographie,
sérigraphie et gravure.
• Un projet de garage associatif, où il s’agit de permettre à chacun d’apprendre à réparer son
véhicule, et ce dans l’optique de favoriser un apprentissage solidaire et à moindre coût
accessible à tous.
• Une association de soutien au développement, à la création et à la diffusion du domaine de
l’informatique libre.
• Des locaux de répétition, un studio d’enregistrement et un laboratoire photographique, car
les espaces dédiés à ces activités sont loin d’être en adéquation avec les envies créatrices des
porteurs de projets et des artistes.
• Un atelier vidéo, constitué d’un poste de montage et d’un studio de prise de vue, dédié à la
réalisation de projets audiovisuels indépendants.
• Un espace consacré aux arts vivants, afin de favoriser les pratiques d’expérimentation autour
de la danse, du théâtre, et ce dans l’optique de créer des opportunités d’échanges entre
amateurs.
• Un projet d’atelier de redynamisation par les pratiques artistiques, car aujourd’hui l’insertion
n’est plus une réponse pour des personnes stigmatisées par la fracture sociale.
Le constat d’un manque de lieux dédiés à ces pratiques est établi depuis longtemps. Tandis que les
sites hébergeant de nombreux ateliers d’artistes (parc Gruber, Port du Rhin, Ancienne Malterie,
Zone d’art, Laiterie, La Semencerie, Bastion) sont loin de pouvoir accueillir la totalité des artistes
que la ville s’enorgueillit de créer par le biais de ses filières de formation artistique, des lieux
comme le Molodoï ou la Maison Mimir, offrant un espace d’expression non négligeable dans le
domaine de la culture, affichent en parallèle une saturation qui ne leur permet pas de répondre à
toutes les demandes émanant de la population strasbourgeoise.
Le projet de réhabilitation des friches portuaires de la presqu’île Malraux montre pourtant que la
ville de Strasbourg se trouve préoccupée par le devenir de son patrimoine industriel. Si elle n’hésite
donc pas à amorcer des chantiers de grande envergure pour faire de Strasbourg une ville à
rayonnement international, quelle place accorde-t-elle en revanche aux initiatives de ses propres
citoyens, qui ne demandent qu’à pouvoir mettre en oeuvre des projets pour le moins essentiels à la
vie de la cité ? C’est la question que nous lui posons …

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Le maire de Schiltigheim arrive à l’improviste en pleine inauguration!

VOIR LA VIDÉO DE LA FABULEUSE INAUGURATION EN CLIQUANT SUR LE LIEN SI DESSOUS

L’inauguration du Centre de Tri a Schiltigheim

SCHILTIGHEIM Ancien centre de tri postal
Des pistes de réflexion

> LIRE L’ARTICLE DU DNA

« Le centre de tri suscite l’intérêt des artistes… et d’un cabinet d’architectes.
La parodie d’inauguration organisée par un collectif d’artistes dimanche devant l’ancien centre de tri postal de Strasbourg-Schiltigheim n’est pas passée inaperçue. Le maire Raphaël Nisand est notamment venu livrer quelques informations à propos du bâtiment. » Ju.M. journaliste du DNA.
LA COMMUNAUTÉ URBAINE DE STRASBOURG A DEMANDÉ À UN CABINET D’ARCHITECTES UNE EXPERTISE SUR LES LOCAUX DU 5 RUE DU CHÊNE… LE LOGEMENT DE NOS ATELIERS NE SEMBLE PAS ÊTRE UNE PRIORITÉ. > voir le site

ARTISTES CHERCHENT ATELIERS

L’ARTICLE PARU DANS LE DNA LE 14 AVRIL 2012 POUR ANNONCER L’INAUGURATION

schiltigheim-strasbourg Ancien centre de tri postal

« Demain, face à l’ancien centre de tri, le collectif convie à une « inauguration ».

Autour de Papier Gâchette, l’imprimerie associative créée dans le squat du 2, route des Romains, un collectif d’artistes et artisans s’est constitué. Dans sa ligne de mire : l’ancien centre de tri postal de Strasbourg-Schiltigheim, où il aimerait s’installer.

Le courrier parvenu voici quelques jours dans la boîte aux lettres de Papier Gâchette contenait une bonne et une mauvaise nouvelles. La CUS y annonce, en effet, qu’elle va engager une étude de résistance des sols pour déterminer si l’ancien centre de tri postal de Strasbourg-Schiltigheim peut accueillir le matériel d’imprimerie de Papier Gâchette. C’est une solution de relogement en vue pour l’association, née dans le squat du 2, route des Romains, et expulsable à compter du 16 avril.

Mais quelques lignes plus loin, c’est la déception : la collectivité exclut l’idée de loger sur le même site d’autres artistes et artisans.

« Le relogement de Papier Gâchette, on n’y croyait pas. Comme il y a pas mal de bâtiments grands et vides, on s’est dit qu’en se réunissant à plusieurs, on arriverait peut-être plus facilement à en obtenir un », explique Marie Van Gysel, membre de Papier Gâchette.

Le collectif est né lors du festival Selbst Gemacht qui s’est tenu à la Semencerie, en octobre 2011. Ses idées phares : partage des connaissances, des outils, implication du public, autofinancement, non-lucrativité. « Dans notre idée, il y a aussi une dimension d’ouverture sur l’extérieur, de visibilité. Quelqu’un qui vient voir un artiste ou un artisan peut en découvrir d’autres sur place », renchérit Emmanuelle Amann, qui participe à l’imprimerie et aimerait aussi créer un atelier photographique.

Quid du développement d’une culture alternative ?

Parmi les autres projets du collectif : un atelier vidéo, une salle d’expression corporelle, un atelier de redynamisation par les pratiques créatives, l’atelier d’Urbaine Plaisance (une association qui a pour objectif « le soutien au développement, à la création et à la diffusion du domaine de l’informatique libre »), un local de répétition et d’enregistrement de musique, ainsi qu’un garage associatif où les adhérents viendraient réparer leur véhicule grâce à un accès à l’outillage et aux conseils d’un mécanicien.

Dans le dossier qu’ils ont constitué, les membres du collectif expriment leurs difficultés « pour trouver un espace adéquat et pérenne » pour leur pratique. A Strasbourg, les lieux officiellement dédiés aux artistes, comme les bastions, sont saturés. « L’idée, c’est d’avoir des locaux contre un loyer, on ne demande pas davantage. Après, chacun cherche les financements pour aménager son atelier », expliquent-ils, évaluant leurs besoins à 1 500 à 2 000 m2 au total. Le collectif se verrait bien intégrer l’ancien centre de tri postal de Strasbourg-Schiltigheim proposé par sa propriétaire actuelle, la CUS, à l’association Papier Gâchette. Situé rue du Chêne à Schiltigheim (à la limite de Cronenbourg), il a été déserté par la Poste en 2000, à la faveur d’une implantation à Holtzheim. Il est suffisamment vaste – 28 000 m2 , selon le collectif – et il est actuellement vide.

Ce dimanche 15 avril, le « Collectif du centre de tri » invite à « l’inauguration de ses nouveaux locaux ». La formule est ironique, bien entendu, mais le site sera investi « de manière symbolique et artistique ». Une initiative qui pose, en creux, la question du développement d’une culture alternative à Strasbourg, à l’image d’autres grandes villes européennes. »

Julia Mangold Dimanche 15 avril à 16h, le collectif du centre de tri invite à une cérémonie d’inauguration (5, rue du Chêne à Schiltigheim). Apporter à boire et à manger.

 

 

Vous êtes cordialement invité à la cérémonie d’inauguration des nouveaux locaux du collectif du centre de tri. Venez nous soutenir lors du goûter inaugurale ce dimanche 15 avril à partir de 16h, 5 rue du Chêne entre Cronembourg et Schiltigheim.

Il s’agit d’appuyer le collectif « Centre de tri » dans ses négociations avec la cus autour de l’occupation du 5 rue du Chêne.

Au programme: goûter, orchestre, actions symboliques le tout dans une ambiance assurée!

Historique du collectif Centre de tri, de ses actions et revendications

Notre collectif est né du Festival Do It Yourself – Selbst Gemacht organisé en 2011 dernier à la Semencerie. Il regroupe des associations et des personnes, unies dans la recherche d’un lieu pour  développer des ateliers et activités artistiques ou artisanales.
Début 2012, un nouveau local a été proposé par la Mairie à l’imprimerie Papier Gâchette (qui fait partie du collectif) : l’ancien centre de tri postal de Schiltigheim, qui présente plus de 28000 m2 de locaux pour l’instant vides. Une demande a été alors formulée à la Ville par l’ensemble du collectif afin de pouvoir intégrer tous ensemble ce bâtiment (sachant que nous ne demandons que 1500 m2 !). Ce à quoi il nous a été répondu par  un courrier quelque peu expéditif qu’il n’en serait pas question. La Ville ne propose ce bâtiment à Papier Gâchette que parce que cette association est  actuellement hébergée par un squat que la Ville veut expulser, alors que les associations ayant demandé des locaux à la mairie sans résultat sont légions ! Qu’importe, pourvu de sauver les apparences…

Nous demandons à la Ville, qui n’a même pas daigné nous recevoir, alors même que nous sollicitons un rendez-vous depuis des semaines, d’intégrer l’ensemble du collectif au Centre de Tri postal.

Pour appuyer cette demande, nous vous invitons à venir nous soutenir lors de « La Grande Cérémonie d’inauguration » des « nouveaux locaux » du Collectif du Centre de Tri, au 5 rue du Chêne, situé entre Schiltigheim et Cronenbourg, le dimanche 15 avril à partir de 16h.
Que la fête soit belle !